Le mariage.
Les rites et les coutumes qui entourent cette cérémonie, sont l'objet de nombreuses superstitions .
1ère tâche : dénicher un mari .
A Pageas (Haute- Vienne) : La jeune fille doit passer la tête par le trou d'une niche pratiquée dans le mur de l'église et prévue à cet effet .
A Saint-Julin-les-Combes (Haute- Vienne) : les jeunes filles évoquent Saint-Eutrope en procession, elles font plusieurs fois le tour de la croix située sur un terre-plein au centre de la place publique, y attachent la jarretière qu'elles portent à la jambe droite . Cette procession attire tout les habitants du village, y compris les futurs heureux élus!!
A Ambazac (Haute-Vienne) : les jeunes filles en âge de se marier confectionnent elles-même leur robe de mariée, avant d'avoir trouvé un compagnon, simplement pour forcer le destin . En prenant soin de glisser un de leurs cheveux dans un ourlet .
Si une jeune fille veut réaliser un beau mariage dans l'année, elle doit se procurer une vieille chaussure du propriétaire le plus riche qu'elle convoite . Ensuite, elle la fait consumer dans le four de la cuisinière .
Parfois se sont les jeunes hommes qui prennent l'initiative de leur conquête pour le mariage . La coutume veut que le 1er mai, ils plantent un "mai" chargé à son extrémité d'un bouquet d'aubépine devant la porte de la maison de la jeune fille qu'ils desirent .
2ème tâche : la cérémonie .
Il existe des règles a ne pas trangresser .
- Deux frères ou deux soeurs ne doivent pas se marier le même jour, sous peine d'encourir les pires malheurs .
- Si deux cortège de mariage se retrouvent en même temps a l'église, il va y avoir compétition pour entrer les premier dans l'église car celui ci s'assure le bonheur . Hélas, la deuxième mariée sera malheureuse en ménage .
- Le jour des noces, ce sont des jeunes filles qui s'occupent d'habiller les futures mariées . Celle qui placera la première épingle se mariera dans l'année . Pour conjurer cette prédiction, elle devra marcher sur la queue d'un chat par mégarde et non volontairement .
- "Mariage pluvieux, mariage heureux!!" Cette belle phrase vient du Limousin . En effet, la pluie n'est pas un signe de triste augure pour un mariage mais bien au contraire . Une noce bien arrosé = bonheur pour le mariage .
- Robe de mariée mouillée, crottée, entraine une richesse proche, ou tout au moins une longue vie commune .
- Après la bénédiction nuptiale, le premier des deux qui se lèvera sera le maître de la maison . De même la mari aura tout interet a bien enfiler l'alliance entièrement, sinon ce mari là risque de ne pas avoir le dernier mot dans son foyer .
- Les "contres-novis" ou opposant à la célébration pouvaient jeter des sorts . Soit en placant sur le parcours du cortège des ronces ou autres branches épineuses, parfois des manequins de pailles grotesques habillés . Vers Argentat (Corrèze), c'est pendant le banquet, en plaçant une grosse tourte dans une corbeille plate que les "contres-novis" agissent . Il l'élèvent au-dessus des têtes , obligeant les mariés à passer dessous .
3ème étapes : l'arrivée a la demeure .
Les jeunes mariés doivent répéter les premiers gestes du travail . La femme prend la quenouille pour filer et le mari s'empare d'une bèche pour retourner quelques pelletées de terre . Ceci, pour leur annoncer une longue existence de labeur, se déroule devant les invités joyeusement salués par des quolibets . En Corrèze, à Chamboulive, il était coutume de placer un balai en travers de la porte, si la jeune épouse avait le réflexe de le prendre et de balayer la pièce avant l'entré des invités, on disait d'elle que l'heureux avait épousé une femme courageuse .
Cette "examen de passage" s'appelle en Limousin la "primera entrada " .
Le futur mari peut se heurter également au "noueur d'aiguillette", ce qui provoque l'impuissance du mari, le mariage n'est pas consommé .
La technique diffère en fonction des régions .
Pendant la cérémonie : faire un noeud à un lacet ferré aux deux extrémités . Ca peut également aller jusqu'au sacrifice animal .
Extrait du petit Albert (célèbre grimoire du 17ème siècle interdit jusqu'à la révolution de 1789) : " ayez la verge d'un jeune loup nouvellement tué et, étant proche de celui à qui vous voulez jeter ce sort, vous l'appelerez par son propre nom et, aussitôt qu'il aura répondu, vous lierez ladite verge de loup avec un lacet de fil blanc, et il sera rendu aussi impuissant à l'acte de Vénus qu'il ne le serait pas davantage s'il était châtré . "
Pour conjurer le sort, le futur époux prendra soin de placer du sel dans la poche de son costume, et un anneau béni au doigt . Il existe beaucoup d'autre technique pour dénouer l'aiguillette : porter un anneau d'or dans lequel on a enchasser l'oeil droit d'une belette (le porter a droite ou a gauche selon que l'on porte son sexe sur l'un ou l'autre côté), prendre une décoction d'herbe "ros solis" qui est toute rouge et se trouve dans les près, manger à jeun un picvert rôti salé au sel béni, respirer la fumée d'une dent brûlée d'un homme mort récemment, placer un chalumeau d'avoine ou de froment rempli de mercure et clos au deux bouts avec de la cire rouge sous le chevet du lit conjugal, pisser à travers une alliance qu'on aura oté pour la circonstance et qu'une femme tiendra le temps de l'opération .
La mariée peut également conjurer le mauvais sort en placant dans son soulier une pièce d'argent et en mettant un de ses bas a l'envers .
Si tout cela ne marche pas et que le mariage n'est pas consommé, le mari devra aller voir un désencorceleur...